Dans le fond, le post-apocalyptique, c’est…

6 Jan
PAR: SOF LA TOF

 

Dans la continuité de mes capsules littéraires pédagogiques, j’aimerais aborder un sujet brûlant d’actualité, et j’ai nommé : L’APOCALYPSE!

Vous savez, en littérature, on fait pas juste lire des livres et en jaser. On aime aussi développer de grandes théories qui s’appliquent à plusieurs romans et auteurs et qui permettent d’expliquer un phénomène et de le placer dans son contexte. Une pratique ben cool dans l’univers du roman contemporain et bien entendu post-moderne. Du pelletage de nuages vous direz? Malheureusement pour vous, le débat sur la pertinence des études littéraires ne se fera pas dans ce post, fac on en reparlera autour d’une bière un de ces jours.

Une des théories qui me fait « tripper-ben-raide », c’est celle de l’étude du post-apocalyptique, ou plus précisément de « L’imaginaire de la fin » – comme le nomme Bertrand Gervais, prof à l’UQAM et principal théoricien du sujet. Votre intérêt là-dedans? D’abord, comme on le sait tous, l’apocalypse est ben « in » cette année, et le sera encore plus en 2012. Mais si vous voulez pas manquer le bateau en 2013, faudrait être capable de parler de « post-« ! Ensuite, il y a vraiment une tonne de romans, et bien entendu de films, incroyables qui se font sur le sujet, et ce sera un moyen simple et efficace de les découvrir et de les apprécier davantage. Finalement, vous pourrez avoir l’air ben plus intelligent que la moyenne, qui ne font que parler des oiseaux qui meurent pis du calendrier maya.

Premièrement, comment reconnaître le post-apocalyptique? Le premier indice est sans contredit une référence constante au temps : celui d’avant la fin, où on commence à voir les signes précurseurs de la fin du(n) monde, celui du présent, où on vit la fin du monde, et celui du futur, où on pense à ce qu’il y avait avant la fin. Un exemple concret? Prenons le bogue de l’an 2000. On a commencé par penser à toutes les conséquences désastreuses qu’auraient le passage à l’an 2000 et à constater que ben des bidules pourraient nous lâcher avec le nouveau millénaire. Est ensuite venu le 31 décembre, où on a célébré avec une petite anxiété l’an 2000. Et est venu le post-2000, où on se rend compte que le monde dans les années 90 capotaient pour rien et s’habillaient plutôt mal.

Mais Sof, qu’est-ce qu’il y a à comprendre du post-apocalyptique? Ben justement, c’est là que le fun commence. L’apocalypse, naturelle, provoquée ou imaginée, est une belle façon de faire exploser le patrimoine protégé par l’Unesco dans un film hollywoodien. Le post-, ça peut être une façon de se faire un trip de cannibalisme, mais c’est surtout un moyen de réfléchir à l’être humain dans son état le plus brut et animal et aux valeurs que portait la société qui a visiblement été détruite. Vous vous rappelez encore de l’an 2000? Un nombre incroyable de gens partout sur la planète se sont munis de bunkers bien garnis et de génératrices, « au cas où » ils auraient à survivre à quelque chose. On s’est aussi rendu compte qu’on contrôlait mal la technologie qu’on développait, dans une urgence de l’immédiat qui oubliait souvent l’avenir. Ce n’est pas tellement une surprise que les années 2000 soient celles de la conscientisation écologique – pour le futur de la planète et de nos enfants – de la récupération et de la technologie utilitaire.

Bref, l’Apocalypse n’arrive jamais pour rien, et le « post » est l’endroit qui nous permet de repartir à zéro et de pas faire les mêmes erreurs. Mais pour cela, il faut réfléchir à ce qui ne fonctionnait pas avant et à pourquoi, justement, est arrivée l’apocalypse.

Maintenant, revenons à la littérature, car c’est bien sur ce phénomène dans les romans que je déblatère. Vous êtes maintenant équipés pour en parler, mais je n’ai aucun doute que votre curiosité à été piquée.

Des suggestions de lecture, donc? Mon préféré de l’univers : L’aveuglement, de José Saramago, dont un excellent film a été tiré. Aussi : La route, de Cormac MacCarty, la trilogie new-yorkaise de Paul Auster, qui commence par La cité de verre, et un p’tit québécois ben ben bon (!), La petite fille qui aimait trop les allumettes, de Gaétan Soucy. De supers classiques avec lesquels commencer!

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8 Réponses to “Dans le fond, le post-apocalyptique, c’est…”

  1. Clement Dionne 7 janvier 2011 à 22:18 #

    Comparer l’apocalypse au bug de l’an 2000 c’est comme comparer un fantôme à une orange. Le premier relève du fantasme et le second est bien réel. S’il n’y a rien eu de désastreux au passage de l’an 2000 c’est que les entreprises ont fait le nécessaire pour que le passage soit transparent. Juste pour l’entreprise où je travaille, ce sont des millions qui ont été dépensés entre 1997 et 1999. Ce sont des gens comme vous et tous les médias qui ont « démonisé » le phénomène et créé une forme de mystère entourant le « BUG ».

    • Sof la Tof 7 janvier 2011 à 23:38 #

      Je suis tout à fait consciente de l’aspect réel et tangible du bug de l’an 2000! Toutefois, j’ai utilisé cet exemple pour vulgariser un concept littéraire…L’apocalypse est ici une image, un phénomène, qui se matérialise sous plusieurs formes. Et ce qu’il y a d’intéressant au bug de l’an 2000, c’est justement la perception qu’en ont eu la majorité de la population, cette « démonisation » dont vous parlez, et qui donne à l’évènement son côté fantasmatique.

      J’aurais aussi pu prendre comme exemple les évènements du 9/11…ce qui est intéressant avec l’approche littéraire, c’est d’interroger le fond, ou sens, plutôt que la forme…Le changement de perception drastique après cette date plutôt que le nombre de morts lors de l’écrasement des tours…

  2. Luc 7 janvier 2011 à 23:16 #

    Salut la tof, très bonne recommandations auxquelles j’oserais rajouter, puisque son auteur est déjà mentionné, Le Voyage d’Anna Blume. C’est pas post-acopalactyque me direz-vous! Oui non peut-être…

    • Sof la Tof 7 janvier 2011 à 23:38 #

      Pour le savoir, je devrai le lire! Merci de la suggestion :)

  3. pleurotte 11 janvier 2011 à 02:05 #

    Apocalypse réelle ou crainte, je crois qu’on s’entend pour dire que les années 2000 (par là je veux dire: jusqu’à 2010) sont la décennie de la terreur…

  4. Luc 11 janvier 2011 à 02:06 #

    C’est drôle, je fais justement mon mémoire de maîtrise maîtrise sur la peur en politique. Je suis un homme de mon temps. Joie!

  5. Stephane 13 janvier 2011 à 09:47 #

    Sur le sujet, la série de romans graphiques The Walking Dead de Robert Kirkman offre une perspective drôlement cinglante malgré la présence de zombies.

    Et dan l’exploration de  » l’après-mort/vie  », L’Innommable de Beckett pousse la réflexion vers un infini de vide drôlement riche.

    Mais bon, c’est de l’ébauche tout ça. Le  » post  » est très très large comme corpus.

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  1. En vérité, en vérité, je vous le dis…* « Les Langues Sales - 24 mai 2011

    […] toute façon), ou encore en vous préparant aux atroces souffrances à venir à l’aide et de lectures légères et d’une bonne p’tite comédie […]

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