Un guide humain pour comprendre Jérusalem

12 Jan

À Noël, dans mon entourage, on reçoit beaucoup de livres. On se les prête, on se les pique, on finit par tout lire avant la nouvelle année. Cette année, c’était presque pareil, à la différence que mon copain prenait la poudre d’escampette aux States pendant douze jours dès les paquets déballés. Quand il est rentré, le 6 janvier, j’ai foncé chez lui, j’ai défoncé sa porte d’un coup de pied et j’ai crié : « IL ME FAUT TON GUY DELISLE, MAINTENANT!», et j’exagère à peine.

Ceux qui connaissent le travail de Delisle ne seront pas étonnés de mon comportement. La réputation de cet auteur de BD québécois vivant en France n’est plus à faire : qu’il s’agisse des sympathiques histoire de Louis (Louis à la plage, Louis au ski) ou alors des divertissant Comment ne rien faire, Aline et les autres ou Albert et les autres,  rares sont ceux qui referment la quatrième de couverture déçus.

Or, c’est par ses chroniques de voyages autobiographiques que Delisle s’est taillé une place si confortable dans le cœur des amateurs de BD (ou de politique internationale). Appelé à vivre pour de longues périodes dans des pays pas toujours très démocratiques, tantôt pour son travail en animation, tantôt pour suivre son épouse avec Médecins sans Frontières, Delisle rassemble en un volumineux journal de bord ses impressions, ses expériences et ses observations de la culture où il plonge.

 

J’avais lu d’abord, il y a quelques années, Pyongyang, puis Shenzhen, et, plus récemment, Chroniques Birmanes. Chaque fois, j’avais eu l’impression d’avoir entre les mains un livre nécessaire, une plongée très humaine dans des climats politiques difficiles à appréhender. J’attendais Chroniques de Jérusalem avec (presque) autant d’impatience que les fans de Potter attendaient la sortie du tome sept. Et je n’ai pas été déçue!

L’auteur ne donne pas dans le BD-journalisme, comme le fait si admirablement Joe Sacco (à ce propos je vous invite à prendre 45 minutes de votre précieux temps pour aller visionner le reportage La BD s’en va t-en guerre, juste ici. Vous aurez tous les arguments nécessaires pour clouer le bec du prochain mononc’ qui vous dira que la BD c’est pour les enfants).  Delisle partage plutôt son expérience quotidienne, presque naïve : on découvre en même temps que lui. De plus, son trait simple réussit admirablement bien à nous faire voyager dans les ruelles et les places de Jérusalem ou des environs.

 

 

En plus d’exposer de façon étonnamment digeste les engrenages du conflit Israélo-palestinien, Delisle réussit à évoquer l’ambiance de la région et les tensions entre les peuples à l’aide d’anecdotes tout aussi comiques que touchantes, et dont la plupart lèvent le voile de façon assez brutale sur une situation aussi complexe qu’absurde. On peut le voir parler de son travail et se son expérience dans ce petit vidéo.

Le livre est publié chez Delcourt, dans la collection Shampoing, dirigée par Lewis Trondheim (dont voici le blog) bédéiste de renom que vous voulez avoir dans votre bibliothèque, qui a édité aussi le premier tome de l’Ostie d’chat (il a du goût, ce Trondheim). Ne vous laissez pas impressionner par ses 334 pages : ça se lit (malheureusement) très rapidement, et très, très agréablement.

Quand vous l’aurez lu, et que vous attendrez le prochain comme un enfant attend Noël, vous pourrez vous mettre un peu de Delisle sous la dent en suivant son blog !

Bonne lecture!

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