Archive | Danse RSS feed for this section

Leçon de respect

21 Juin

Je n’aime pas jeter d’huile sur les feux.
Je n’aime pas attirer l’attention sur les événements honteux.
Et l’entrevue de Margie Gillis, menée par Krista Erickson à Sun News, est un véritable incendie, un feu de forêt d’une ampleur telle que ce que je pourrais en dire aurait l’impact d’un minuscule sceau d’eau.

D’autant plus que d’autres y ont déjà réagi de façon gracieuse: il y a déjà le triste constat de Marc Cassivi, les chiffres dénichés par Patrick Gauthier, le découragement de Marie-Andrée Labbé, le positivisme de Margie Gillis elle-même.

Puis, je suis tombée sur cet article du Conseil Québécois du Théâtre, qui réagit par l’action, en donnant au peuple les moyens pour réagir. Je le recopie ici:

« Donnons suite au procès d’intention subi par Margie Gillis sur la chaîne Sun News Network

 Suite à l’entrevue scandaleuse subie par Margie Gillis, artiste émérite, sur la chaîne de télévision Sun News Network le 1er juin dernier, le Conseil québécois du théâtre (CQT) a pris la décision de déposer une plainte au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CCNR).

Le CQT vous invite fortement à relayer individuellement cette plainte, car plus le nombre de plaintes reçues sera grand, plus nous contribuerons ensemble à prouver l’intelligence d’un auditoire qui soutient ses représentants les plus brillants et ne souhaite pas assister à de telles mascarades ineptes, signe de médias arrogants et acculturés.

Le dépôt de plainte doit se faire impérativement avant le 30 juin, en remplissant le formulaire disponible sur le site du CCNR, dont le lien est le suivant :

http://www.ccnr.ca/francais/complaint/form.php.

Vous pouvez adopter le texte que nous vous proposons ci-dessous ou le modifier à votre guise. Il vous suffit de remplir les champs de la manière suivante :

  • Station de télévision ou de radio : Sun News Network
  • Titre de l’émission ou le nom de la personnalité des ondes en cause : Krista Erickson
  • Date de la diffusion de l’émission : 01/06/2011
  • Heure : 17 H 30
  • Préoccupation précise :

Le 1er juin 2011, à 17 h 30, la chaîne de télévision Sun News Network a diffusé une entrevue accordée par la danseuse et chorégraphe Margie Gillis à l’animatrice Krista Erickson. Le contenu de cette émission et les conditions dans lesquelles elle a été menée sont inadmissibles.  

Margie Gillis, qui jouit pourtant d’une renommée internationale méritée, couronnée entre autres par le prix du Gouverneur Général, a dû subir tout au long de l’émission une agressivité injustifiable de la part de son interlocutrice. 

Krista Erickson, après avoir présenté l’artiste avec une emphase narquoise, l’a sommée avec mépris de justifier les sommes publiques reçues pour la pratique de son art. Le ton et l’orientation des questions ont donné lieu à un procès d’intention d’une indélicatesse rarement observée. Loin d’être constructive, la critique adressée à l’artiste s’est muée en spectacle grotesque et navrant. Sans proposer aucun débat, coupant sans cesse la parole à Margie Gillis, l’animatrice, cédant à ses nerfs, a martelé avec entêtement une série de chiffres grossièrement combinés, sans proposer de raisonnement cohérent. Manquant de dignité, de retenue et d’objectivité, Krista Erickson a chargé son invitée avec une méchanceté vulgaire et gratuite, poussant l’offense jusqu’à caricaturer ses gestes.

Au-delà de l’incivilité et de l’arrogance déplorable de l’animatrice, nous nous désolons qu’une émission de télévision puisse ainsi véhiculer une idéologie extrêmement partiale, menaçant une part importante du fonctionnement de la société canadienne. L’artiste invitée semble avoir été piégée pour servir de bouc émissaire à un discours de propagande politiquement orienté. Krista Erickson a cherché à manipuler son auditoire en ridiculisant Margie Gillis et sa profession, par une rhétorique démagogique empreinte de préjugés et enrobée de cris offusqués et d’« arguments » émotifs indécents (allant jusqu’à se servir sans vergogne des soldats morts en Afghanistan). Une telle entrevue permet de douter des principes éthiques de Sun News Network. 

Madame Erikson a largement violé le code de déontologie des journalistes (rédigé par la Fédération internationale des journalistes en 1954), qui exige le commentaire équitable et loyal, et considère comme fautes professionnelles la distorsion malveillante et la médisance. 

Il vous suffit ensuite d’indiquer vos coordonnées personnelles et d’envoyer le formulaire.

Merci de votre collaboration et de votre solidarité ! »

Pourquoi faire suivre cette plainte? Parce que je considère que cette entrevue est un outrage.

Oui, j’ai déjà vu des entrevues agressives, osées, turbulentes. J’ai déjà lu et vu du journalisme hasardeux. Mais le problème majeur, ici, outre les arguments (boiteux) soulevés, est que cette entrevue n’est pas du journalisme. Non seulement est-elle une attaque personnelle, mais elle se rapproche même de la diffamation, de la calomnie.

Ce qui me choque surtout, ce n’est pas le portrait des artistes brossé par Erickson, mais plutôt l’image de la société qu’elle véhicule. Une société qui carbure au manque de respect, qui cherche le spectaculaire par la violence gratuite. Je trouve inadmissible qu’un tel manque d’éthique soit précisément ce que ma société recherche. Ce qui lui fait sourire, se dire «oh boy!» et aller chercher un sac de chips et du popcorn pour mieux apprécier le carnage. Moi qui croyais que l’époque du cirque romain était révolue.

Moi, je ne suis pas d’accord.

Et pour ça, je fais suivre la plainte particulièrement bien rédigée du CQT.
Pour ça, je porte plainte contre Krista Erickson et Sun News Network.

Bien mieux que du fast food

16 Fév

New York, la grosse pomme.

Ville de démesure, gratte-ciels toujours plus hauts, plus beaux.

Vendeurs de chiens-chauds à chaque coin de rue.

New York.

Ville lumière qui ne dort jamais.

Ville de culture.

Ville des grandes histoires artistiques contemporaines.

Qui a vu la mort de Lennon.

New York aux quartiers célèbres, au  visuel fixé dans l’imaginaire collectif :

King Kong, Madagascar, Sex in the City, Un prince à

New York et le pont de Brooklyn.

New York la ville émancipée, aux mille architectures.

Qui a vu les célèbres Ed cercueil et Fossoyeur Jones

des romans de Chester Himes combattre la violence par la violence.

New York, un gros trou au centre de la ville, un drame mondial.

New York is Liberty!

Une ville avec un parc mythique.

Fifth Avenue, Wall Street, Broadway.

Les taxis jaunes dans Times Square.

New York et le Yankees Stadium.

Les Rangers de NYC, mais le jazz aussi.

Bref, New York c’est le symbole à la pelle.

L’endroit que tous rêvent de visiter une fois dans leur vie.

The Big American Dream.


Dans ce New York idéal, un peu à l’écart du poumon touristique central, plus exactement au 512 West. 19th street se trouve « The Kitchen ». Je ne vous parle pas d’un restaurant gastronomique cinq étoiles, mais plutôt d’un centre artistique qui accueille performances, prestations musicales, vidéos, films, théâtre, danse… En gros, un lieu multidisciplinaire où découvertes et expériences sont au rendez-vous.

De passage à New York le weekend dernier, j’avais envie d’aller voir un spectacle « made in » La ville des grandes inspirations. Avec mon budget d’étudiante, j’ai banni les possibilités brillantes et alléchantes de Broadway, préférant tester la cuisine de ce petit lieu qui n’a l’air de rien, mais qui fête ses quarante ans cette année. Pour moins de trente-cinq dollars, j’ai eu le droit à deux billets pour le spectacle de danse Twenty Look or Paris is burning at the Judson Church.

J’ai été agréablement surprise de cette performance chorégraphiée par Trajal Harrell, un danseur actuellement new-yorkais, en collaboration avec Cecilia Bengolea,  François Chaignaud et Marlène Freitas, tous venus de France. Dans cette petite salle d’à peine 150 places où tout le monde semblait se connaître — donc, parler français par la même occasion — et où le vendeur de billets faisait également office de placier, j’ai passé une très belle soirée.

Spectacle underground—  Les quatre danseurs, que l’on peut aisément qualifier de performeurs, se démènent pour convaincre le public qu’ils sont la véritable Mimosa. Mimosa, personnage unique, être au sexe ambivalent, marginal. Sous forme de cabaret, chaque performeur revendique l’identité de Mimosa en dansant, chantant et racontant des anecdotes autour de leur passé. Le spectateur a droit à une prestation de ballet, une imitation de Prince seins nus, une contorsionniste sans visage à talons hauts et plus encore. Qui est la vraie Mimosa? L’histoire ne le dit pas, mais le spectacle laisse place à beaucoup d’autres questionnements : réflexion sur l’identité sexuelle, place du sexe dans la société et impact de ceux qui sortent du cadre hétérosexuel sur nos mentalités.

Malheureusement, vous n’aurez pas la chance de voir le même spectacle puisque chaque œuvre ou prestation n’est à l’affiche que durant une période très limitée, parfois même un seul soir. Mais si, comme moi, vous ne connaissiez pas déjà The Kitchen et que, lors de votre premier ou prochain passage à New York, vous avez envie d’éclater vos sens à faible coût, je vous suggère fortement l’expérience. Cette salle dissimulée dans le grand New York cache de véritables perles artistiques et vous aurez, de plus, l’occasion de visiter un coin de Manhattan peu fréquenté par la populace en vacances.

http://www.thekitchen.org

%d blogueurs aiment cette page :