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Philippe B. mon amour

25 Fév

L’hiver a été bipolaire, cette année. Up and down and re-up and redoux. Le temps que tu retrouves tes patins dans le garde-robe, la glace était toute fondue, le temps que tu ressortes tes espadrilles, ton balcon était enseveli sous un mètre de neige.

J’aime toutes les saisons. Mais je les aime INTENSES. J’aime quand on se les gèle l’hiver, quand y’a de la neige jusqu’aux panneaux « Arrêt », j’aime quand le printemps pue pis que la ruelle est une rivière, j’aime quand l’été te donne envie de te pitcher dans la fontaine du carré Saint-Louis totalement à poil.

Faque là, j’ai trouvé que l’hiver s’assumait pas ben ben. Pis ça m’a fâchée.

UNE CHANCE que Philippe B. était là, dans mon iPod, toujours prêt. Je ne suis pas du genre à avoir des playlists. Moi, je mets mon iPod sur shuffle pis je skippe autant que je veux. Cet hiver, j’ai skippé quasiment tout sauf les dix tounes de Taxidermie.

L’album n’est pas nouveau, il date de 2008, mais il contient tous les ingrédients qui ont été nécéssaires à ma survivance pendant l’hiver 2010-2011. Comme un chandail de laine vraiment chaud que tu retrouves au mois de janvier puis qui est redevenu à la mode. Ou bedon un cinq piastres que t’avais laissé dans ton manteau d’hiver. Ou bedon comme coller tes pieds frettes sur le ventre de ton chat pis que ça le dérange pas.  Une espèce de réconfortante mélancolie, un road movie intérieur, une bulle tiède.

La développement lent des chansons, la poésie douce mais franche, le côté paysage qui défile, le côté « il-pleut-mais-c’est-pas-ben-grave-check-le-gros-corbeau-sur-la-corde-à-linge », tout ça, ça m’a pimpé l’hiver.

La musique allait autant avec le métro qui repart quand tu es dans le dernier wagon et que tu vois toute la station défiler rapidement et les gens flous sur les quais, qu’avec mes pieds qui évitent les craques de trottoir, les plaques de glace, les flaques.

Merci d’exister, Philippe B.

Ci-dessous, son vidéoclip Je n’irai pas à Bilbao, featuring Denis « Homme du futur » Houle lui-même.

Bonjour, vous avez bien rejoint ma boîte vocale, je ne suis pas disponible pour le moment…

16 Oct
PAR: PARENTHÉSÉE

 

Disponible: dont on peut disposer. Disposer: arranger, mettre dans un certain ordre. Disposer de quelqu’un: s’en servir comme on le veut. Je ne crois pas que je veuille être «disponible». Fort heureusement, notre joyeux Petit Robert offre d’autres définitions à ce mot : le «qui n’est lié ou engagé par rien», qui est beaucoup plus sympathique, par exemple.

Je crois que nous nous offrons trop disponibles, en général. De façon plus précise: combien de fois par jour vérifiez-vous vos courriels? Votre boîte vocale? Vos textos? Votre Facebook?

Pour moi, la réponse était «trop souvent». J’ai donc boycotté, un peu. D’accord, la décision ne venait pas totalement de moi, mon cellulaire a aussi partiellement expiré, me faisant savoir en tout temps qu’il manquait de batterie (alors qu’il n’en manquait pas) avec un petit bip attendrissant (séquelle d’une plonge dans la toilette).

Je prenais toujours connaissance de mes courriels par exemple, mais en remettant la réponse à une date ultérieure. C’est à ce moment que j’ai dû subir la colère des Dieux de la Réponse Rapide! T’étais où coudonc? T’as pas eu mon email? Ça fait trois jours que j’attends! T’as des problèmes avec Internet? Es-tu avec Bell?

Aie, comment expliquer aux gens que je ne tenais pas à me stresser à leur répondre. Parce que oui, ils sont stressants. Mais pas en tant que personnes, en tant que nombres: 8 messages non lus, 4 nouveaux messages, 7 notifications, 2 invitations à des événements.  Et en plus, on me le fait voir en brillant, en premier, encerclé, en gras, souligné en gros titres! Je l’avoue, je me plains, mais c’est aussi de ma faute. Qui n’a jamais eu le plaisir d’être «trop occupé»? Ah le sentiment d’Importance!

On requiert ma présence, mes réponses, donc je suis!

Mais à être occupé à répondre à nos «contacts» on en oublie le monde autour de nous. Ça peut être drôle, quand on envoie un message Facebook à notre coloc qui est dans le salon lorsqu’on est dans la cuisine. Ça peut aussi être incroyablement frustrant.  Prenons le classique, au restaurant, au beau milieu d’une conversation sur les madeleines de Proust, votre interlocuteur répond à son cellulaire, In Yer Face, ce qui provoque des Jeunes Hommes (et Femmes) en Colère. Vous plongez alors dans le panier de pain, seule consolation archaïque contre l’envahisseur invisible: l’onde de cellulaire.

Alors, voilà, jusqu’ici  on peut ignorer le surligné, les sonneries, les pop-ups et faire semblant de n’avoir rien vu, rien entendu. Mais certains choisissent «The Dark Side». Ils choisissent de partager leurs moindres gestes, et donc leur disponibilité réelle à tout moment de la journée. Oui! Grâce à Facebook et sa collaboration avec les génies du iPhone, vos amis peuvent tous savoir que vous êtes et VOUS TROUVER!  Fini le sens de l’observation, c’est trop lent, démodé. Laissons savoir où nous sommes en tout temps, ce sera plus simple.

Moi, je refuse. Je préfère mentir. Vous n’avez certainement pas envie de croiser n’importe lequel de vos 283 amis Facebook à n’importe quel moment de la journée, non? «Excuse-moi, j’ai pas pris mes messages ces derniers jours.» «J’étais en période d’examen j’suis vraiment pas allée souvent sur internet…» La belle excuse. Refuser de répondre à tout le monde à tout moment comme à un enfant de 2 ans en manque d’attention. La vita è bella.

Mon seul problème à date: j’ai encore le réflexe de me justifier.

Il y a pas quelqu’un de connu qui aurait dit que l’imagination se bâtit grâce à la justification? Non? Tant pis, je préfère ma (relative) paix d’esprit.

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