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Est-ce qu’avoir le crâne fendu sur le bitume, c’est chic?

1 Juin

Faire du Piste cyclable style, vraiment? Moi la première, j’adore fouiller dans les mille et un sites de Street style pour admirer tous ces looks un peu vintage, toujours inventifs, collectionner ces perles éclatantes dissimulées parmi la foule, ces moments instantanés fixés sur pellicule. Mais Cycle chic, vraiment?

Vous avez sûrement entendu parler de ce mouvement qui vient d’apparaître à Montréal, conçu par le blogueur Mikael Colville-Andersen et d’abord expérimenté à Copenhague avant de s’étendre dans les villes les plus hip du monde. Pour les néophytes, le principe est simple : on prend des photos de gens à vélo qui ont du style dans leurs vêtements de tous les jours. À la base, je n’ai rien contre l’idée. Je la trouve même géniale. Elle permet de démarginaliser l’idée que l’on a besoin d’une tonne d’équipements et d’habillements spécifiques pour faire de la bicyclette. Exit les habits quatre saisons pour prévisions météo récalcitrantes. Elle encourage le cyclisme urbain, ce moyen de transport non pollueur et lui redonne en quelque sorte ses lettres de noblesse. Son message en gros : n’ayez plus peur de faire du vélo en ville, c’est sécuritaire, tout le monde le fait et avec style! Avec le nouveau blogue Cyclechic, Montréal peut maintenant jouer dans la cour des grands noms : Paris, Londres, Barcelone et j’en passe.

Le problème commence ici :

Ci-dessus on voit des cyclistes café en main, écouteurs aux oreilles, en train d’envoyer des messages textes ou de parler au cellulaire. Promouvoir le transport à vélo, oui. Le faire avec style, d’accord. Mais au détriment de la sécurité? Je ne suis pas une fanatique de sécurité à vélo, mais il y a quand même des limites non? Si on tente de briser le mythe du danger à vélo, c’est raté. Regardez bien. Dans quelque temps, tout le monde va commencer à faire fi des codes de sécurité, cesser de regarder où ils vont parce que anyway, si Cyclechic montre que c’est correct de le faire et que c’est même hyper tendance ben, pourquoi pas? Et puis, où sont les casques de vélo sur les photos? Bien sûr ils n’en portent pas, tout simplement parce qu’un casque, ça manque de classe. Sur les milliers de photos que j’ai visionnées, je peux compter sur les doigts d’une main les clichés où l’on en voit. « Vous savez, le vélo urbain s’exerce à lente vitesse, donc il n’y a aucun danger!»

Est-ce que je suis la seule à avoir écouté cette conférence qui faisait la tournée des écoles secondaires animée par un paraplégique au cerveau abîmé? Il nous parlait de l’importance de porter un casque. Vous savez, le moment où il raconte qu’il roulait les cheveux au vent par une chaude journée d’été pour aller rejoindre ses amis avant de se faire frapper par une porte de voiture et que sa tête éclate sur le sol… Ah non, c’est vrai, vous n’écoutiez pas. Quand les cyclistes se plaignent que les voitures sont dangereuses, j’ai plutôt tendance à dire le contraire. Pas plus tard que cet après-midi, une fille se promenait rue Laurier en parlant au téléphone et en zigzaguant sur toute la largeur de la rue. Des cyclistes qui descendent St-Denis sans aucune main sur le volant en lisant presque le journal, j’en ai vu des tonnes. Et avec Cyclechic, on les encourage. Sérieusement, entre une personne en chaise roulante avec facultés physiques et mentales affectées sur la piste cyclable et un cycliste avec un casque, lequel a le plus de style maintenant?

Ma nouvelle vie de cycliste

21 Mai

On ne me considère pas comme une fille nostalgique. Je suis plus du genre regard droit devant, les cheveux dans le vent. Pourtant, lorsqu’il s’agit de transport en commun je garde un profond attachement à tous les véhicules de transports qui ont fait partie de ma vie.

            Prenez ma poussette par exemple. Ma mère l’avait eu avant mon premier anniversaire, et il a fallu qu’elle se brise lorsque j’avais six ans pour que je me décide à marcher à côté de ma mère un pied devant l’autre. Le tissu du siège usé par l’âge était complètement défoncé et mon poids, bien que minime, étouffait les derniers souffles de l’amour de ma jeunesse. Je crois que j’ai nié cette mort longtemps en pleurant et en criant à chaque promenade de santé (eh oui, j’avais déjà un bon caractère à l’époque). Je ne sais pas si mon attachement tenait à la paresse, mais bref.

            S’en est suivi mon amour pour les automobiles. Les gros chars pollueurs, mon fantasme sur les 4×4, les Hummers… ah non. Ça, c’est la biographie de quelqu’un d’autre. Par contre, moi qui viens de la campagne, je n’ai pas eu le choix de passer mon permis de conduire, mais quelle joie d’arriver à Montréal! Malgré tout ce qu’on peut en dire, le transport en commun reste une perle.

            J’ai découvert les embouteillages d’autobus, les pannes de métros. J’ai appris que lorsqu’il y a une tempête il faut se prévoir au moins 30 minutes parce que la moitié des autobus passent en retard. J’ai subi la proximité des gens, qui sont parfois un peu spéciaux, dans les wagons de métro bondés. Mais, malgré tout ce qu’on peut en dire, j’ai adoré cette frénésie urbaine. Glisser sa carte Opus pour avoir un accès V.I.P. de la vie en condensé. Épier les autres malgré soi, observer la diversité culturelle, tout ce beau mélange qui construit la société montréalaise.

            L’an dernier, j’ai testé ce nouveau mode de transport révolutionnaire : Le Bixi. J’ai tellement aimé me promener dans le vent tout l’été que je ne cessais de répéter à qui le veut que c’était le meilleur moyen de transport EVER! Rapidement, par contre j’y ai trouvé quelques défauts : peu de vitesse, lourd et lent. Cet été, je me suis munie d’un vélo à 35 dollars tout rond chez SOS Vélo. Un de ceux que l’on n’est pas trop déçu de perdre si l’on se le fait voler, mais qui roule comme sur des roulettes.

            Pas trop joli, mais assez léger, je suis tombée éperdument amoureuse de ce vélo. Si bien qu’il me suit partout, beau temps comme mauvais temps, et qu’il ne me quittera pas avant les premières neiges. J’envisage même de lui donner un nom. Vous avez des idées? Si mon amour pour la poussette tenait de la paresse, celui pour la bicyclette est tout autre. À la fin de l’été, je prévois avoir un cardio d’enfer et des mollets de feu (oui, oui! Avec des flammes dessus!)

            J’ai peut-être l’air un peu folle avec mon amour pour les véhicules de transports, mais dites-vous que le vélo est clairement LE MEILLEUR MOYEN DE TRANSPORT EVER!!!

À venir:

– Mon vélo et moi au tour de nuit de Montréal…

– La rage au guidon…

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